Aug 31, 2012

Ateliers à venir à St-Jérôme et Ste-Agathe!

Bonjour! Un petit coucou pour vous annoncer que j'animerai un atelier le 5 septembre prochain à la boutique Miss Maman de St-Jérôme dans les cadre des mercredis Pleine Lune! Le thème cette fois sera l'importance de mettre un bonnet au bébé pour sa première année de vie! Je parlerai de considérations thermiques, physiques et énergétiques pour expliquer l'importance de mettre un bonnet à bébé le plus souvent possible. Je parlerai aussi de quelques faits historiques amusants et je donnerai des trucs sur comment choisir un bon chapeau pour bébé, quels fibres choisir, etc. Cet atelier est non seulement une belle opportunité pour en apprendre plus, mais aussi l'occasion de rencontrer et d'échanger avec d'autres mamans et des accompagnantes à la naissance. Le tout se fait dans une ambiance détendue et conviviale. N'hésitez pas à me contacter si vous avez d'autres questions! La boutique Miss Maman se situe à la sortie 45 de l'autoroute 15, à une vingtaine de minutes de Laval!


J'animerai aussi le mercredi suivant (le 12) au café-boutique Café O lait à Ste-Agathe, et cette fois ci, le thème sera le portage. Plus de détails à venir!

Au plaisir de vous-y voir en grand nombre!


Aug 28, 2012

Texte d'opinion: Les préparations commerciales pour nouveaux-nés devraient être réservées aux situations d'urgence

Le texte qui suit est un texte d'opinion qui vise à exprimer ma vision des choses par rapport aux préparations commerciales pour nourrissons. Mon but ici n'est pas de juger personne, simplement d'exprimer mon point de vue et mes idées pour des bébés et une société plus en santé.

Considérant que le lait maternel est le seul aliment parfaitement adapté aux besoins alimentaires des bébés,

Considérant que les préparations commerciales pour nourrissons augmentent considérablement le risque de problèmes de santé et de développement, de carences, d'allergies et d'obésité chez l'enfant, et les risques de ne pas allaiter pour la mère,

Considérant le nombre d'enfants, en particulier de certains pays du tiers-monde,  qui souffrent de problèmes graves de santé reliés à l'utilisation de préparations commerciales pour nourrissons,


Ce film en cinq parties traite des effets désastreux de la publicité des préparations commerciales pour nourrissons, principalement aux Phillipines, où un nombre alarmant de mères, influencées par les tactiques publicitaires et promotionnelles des compagnies et par manque d'information,  choisissent la préparation commerciale même si elles n'en ont pas les moyens et des effets catastrophiques sur la santé des bébés, entre autres par rapport aux moyens limités pour bien nettoyer les biberons et pour purifier l'eau. 

Considérant l'impact négatif du point de vue écologique, énergétique et environnemental que représente la production de lait artificiel pour bébés, les déchets produits par sa production, l'utilisation à grande échelle de ressources comme l'eau, l'aluminium, le papier, le plastique, le caoutchouc et le silicone dans toutes les étapes de production, commercialisation et promotion de ces produits,

Et considérant que les risques de ne pas allaiter et de donner ces préparations aux bébés ne sont pas expliqués d'emblée aux parents enclins à nourrir leur bébé de préparations commerciales,

Je crois sincèrement que les préparations commerciales pour nourrissons devraient être réservées exclusivement aux cas extrêmes où l'allaitement est absolument impossible, comme dans un cas où la mère a eu des chirurgies aux seins qui font qu'elle ne peux plus allaiter, ou lorsqu'il y a un problème de santé avec une contre-indication à l'allaitement. Il peut aussi arriver qu'une femme ne produise pas assez de lait, et cela peut être causé par plusieurs facteurs. Dans ce cas, avoir recours à un biberon complémentaire ou à un dispositif d'aide à la lactation pour satisfaire l'appétit de bébé peut s'avérer nécessaire. Chaque situation est différente, et dans certains cas avoir recours à de la formule est impératif. Je ne cherche pas à culpabiliser les femmes qui ont vécu ce genre de situation, bien au contraire.

Le premier pas à faire pour y arriver serait de faire une loi pour interdire toute publicité ou tactique promotionnelle pour convaincre les futurs et nouveaux parents de choisir la préparation commerciale. Si les futurs parents n'étaient pas influencés pas la propagande des compagnies de lait en poudre, et à la place étaient plus informés sur la vraie nature des préparations commerciales pour nourrissons ainsi que les risques de ne pas allaiter, il y aurait probablement beaucoup plus de femmes qui choisiraient d'allaiter. Je ne parle pas ici d'interdire la vente de ces produits, mais simplement de cesser de faire de la fausse représentation. Ces produits seraient toujours en vente libre et les parents auraient quand même le choix d'allaiter ou non.

Les publicités donnent aussi la fausse impression qu'utiliser les préparations commerciales facilite la vie des parents. Ça donne peut-être un peu plus de liberté à la mère, mais c'est toute une logistique, et personnellement, l'idée de me lever en pleine nuit pour préparer un biberon pour un bébé affamé ne me plaît pas vraiment, lorsque l'option de juste lui donner le sein existe... De plus, on ne compte plus le nombre de femmes qui cessent d'allaiter en pensant se faciliter la vie et regrettent ensuite leur choix et souhaitent une re-lactation. Si une mère allaitante veut sortir faire la fête, ou veut que le père puisse aussi nourrir son enfant, pourquoi ne pas juste tirer son lait et en congeler une partie au cas ou?

Pour ce qui est des femmes qui ne peuvent pas allaiter, pour cause de problème physique, médical ou par manque de support, il devrait y avoir une banque de lait maternel à disposition des parents dans cette situation, et que celle-ci devienne le premier recours avant de choisir la préparation commerciale. Héma-Québec pourrait très bien mettre en branle un service de don de lait. Nous allons bien donner du sang sous le slogan «Donnez du sang, donnez la vie». Mais donner du lait, c'est aussi donner la vie, donner la santé, non? Plusieurs pays et même quelques villes canadiennes (Calgary, entre autres) ont déjà ce genre de service disponible. À quand ce virage pour le Québec?

Et si on arrêtait de douter de notre capacité à allaiter? Il y a tellement de problèmes d'allaitement qui se créent et de femmes qui abandonnent ou qui n'essaient même pas, parce qu'elles n'y croient pas vraiment ou qu'elles ne se font pas confiance. Pensez aux femmes en Afrique, ou aux femmes de tribus Indigènes un peu partout dans le monde. Pour elles, allaiter est la norme, et toutes les femmes allaitent. La question ne se pose même pas, et les problèmes d'allaitement sont beaucoup plus rares. À quand cette vision des choses pour le monde occidental? Je rêve du jour où l'on n'entendra plus des phrases du genre « Je vais essayer mais je ne me mets pas de pression», ou bien «Je voudrais allaiter mais si je n'y arrive pas c'est pas plus grave que ça». Dans la grande majorité des cas, ce n'est pas une question de se mettre de la pression ou non, c'est d'y croire et de se faire confiance. Être convaincue et se faire confiance c'est le plus important. Sinon, les chances que ça ne fonctionne pas sont assez fortes. Je ne dis pas que ça réglerait tous les problèmes d'allaitement et que tout serait parfait, il y aura toujours de femmes qui vivent des difficultés, et qui n'ont plus le choix. Mais je suis certaine que beaucoup plus de femmes y arriveraient si elles se faisaient confiance, qu'elles y croyaient et qu'elles se demandaient qu'est-ce qui cause leurs craintes ou leurs doutes.

Comme je l'ai dit au début de mon texte, ceci est un texte d'opinion, je ne prétends pas être une experte en allaitement, et je ne veux pas juger celles qui ont fait le choix de donner de la préparation commerciale à leur bébé, ou qui ont du y remédier pour cause de problème d'allaitement. Celles qui ont fait ce choix ont eu leurs raisons, et ça ne sert à rien de s'en vouloir après. Chacune fait ses choix selon sa situation et ce qu'elle croit être le mieux qu'elle puisse faire pour son enfant. Je ne cherche à culpabiliser personne. Ceux qu'il faudrait viser ne sont pas les mères, mais plutôt les compagnies de lait et les gouvernements pour mettre des lois interdisant toute promotion ou campagne publicitaire servant à faire la promotion du lait en poudre pour bébés, et à la place faire la promotion active de l'allaitement et mettre en branle des moyens pour que les mères qui ne peuvent pas allaiter ou qui ont des difficultés puissent quand même donner le meilleur à leur bébé.

À la prochaine!



Voici un document très intéressant très bien monté intitulé : Propositions d’actions pour la promotion de l’allaitement maternel

Sources:
http://www.info-allaitement.org/uploads/Textes%20en%20PDF/information_commerciale.pdf
http://www.lerelait.com/allaitement/pourquoi-allaiter.html
http://www.waba.org.my/whatwedo/advocacy/pdf/21dangers.pdf
http://www.reducepackaging.com/impact-bottlefeeding.html
http://www.infactcanada.ca/ren_res.htm
http://www.babycenter.fr/i/subcategory/bebe_biberon_subcat.jpg (photo)
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.221306191259069.53670.218289551560733&type=3 (photo)
GASKIN, Ina May, Ina May's guide to Breastfeeding, Bantam Books, New York, 2009, 340 pages

Aug 22, 2012

Centre Pleine Lune- Programmation de l'automne 2012


Je fais partie du réseau de doulas du centre Pleine Lune, où j'ai aussi suivi ma formation d'accompagnante à la naissance. Cet automne, nous avons plein d'activités et d'ateliers au programme. Les voici:
CENTRE PLEINE LUNE - PROGRAMMATION DE L’AUTOMNE 2012
Nouveau pour les parents: Les mercredis de Pleine Lune  auront lieu à St Sauveur, Ste Agathe et  St Jérôme dès septembre 2012 de 10h à 12h- Thèmes variés - 5$ - NOTE: J'animerai l'atelier du 5 septembre à St-Sauveur ainsi que l'atelier du 12 septembre à Ste-Agathe!
Conférence: «Accoucher avec une accompagnante à la naissance»   Mercredi 21 novembre 2012 à 19h à St Sauveur - 5$ par personne.
Atelier de préparation pour un AVAC: «Choisir un accouchement vaginal après une césarienne» Jeudi 6 décembre 2012  de 19h à 21h30 à Val David 20$ par personne - 35$ par couple
Atelier «Enfants en santé» jeudi 29 novembre 2012 de 10h à 17h à Val David. 110$ pour la journée avec le livre d'Isabelle Challut «la maternité au féminin»
Cours prénataux de groupe sur une journée ( 8 septembre- 6 octobre - 17 novembre et 8 décembre 2012) en petits groupes semi-privés (5 soirs)  ou encore en privé selon vos besoins
Tente Rouge: espace dédié aux femmes pour partager leur vécu de la maternité ou des autres passages de leur vie de femmes - 9h30 à 12h le samedi 20 octobre à Val Morin, dans un TIPI - Contribution volontaire
Formations niveaux 1 et 2 pour devenir accompagnante à la naissance cet automne.
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Pour l'accompagnement à la naissance, vous pouvez contacter directement les accompagnantes via l'onglet«doulas» du site. De nombreux témoignages et articles sont disponibles sur le blog via le site.
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Toute l'information et le détail des activités sont en ligne auwww.centrepleinelune.com
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N'hésitez pas à nous appeler  819.323.4440
Au plaisir de vous y voir!

Aug 20, 2012

Pourquoi tant de femmes vivent-elles si mal leur maternité?

Bonjour! Désolé pour le long délai avant la publication de ce texte. Comme je l'ai déjà dit, j'ai eu des gros problèmes d'ordinateur, et toutes sortes de choses m'ont empêché de travailler mon texte. Le voici donc finalement!!

Le texte qui suit est une réflexion que j'ai eue cette semaine. Je ne prétends pas avoir les réponses à ma question, juste des pistes qui me semblaient intéressantes et que j'ai décidé de partager avec vous.

Depuis quelques temps, il me semble que j'entends souvent le même récit de maternité, surtout lorsqu'il est question de premiers bébés. Bien sûr, les événements changent, mais le fond reste le même: Un couple désire et attend un enfant, se croit prêt, pense que ça va changer leur vie, mais pas tant que ça. Ils se préparent comme tout le monde le fait, en lisant quelques livres qu'on trouve partout et vont accoucher à l'hôpital parce que c'est ce que tout le monde fait, et écoutent ce que le médecin dit sans se poser de questions et sont persuadés d'être bien préparés. Pourtant, le jour venu l'accouchement ne se passe pas comme prévu, et la lourde responsabilité que représente un nouveau-né et des relevailles difficiles sont reçus comme une gifle en plein visage. À mon avis, le problème ici est un mélange de facteurs qui modèlent notre perception de la maternité et lorsqu'on se rend compte que ce n'est pas aussi rose qu'on le croit, c'est vécu très difficilement.

En premier lieu, j'ai l'impression que l'image que la société se fait de la maternité est faussée et modèle nos perceptions. je m'explique. Ouvrez la télé ou l'internet, et regardez ce qui se fait comme publicités, comment c'est lorsqu'on voit une mère et son bébé. C'est (presque) toujours tout beau, tout rose, le bébé est souriant et heureux la mère sereine, souriante et en contrôle. La société idéalise la maternité mais néglige de mentionner à quel point ça peut être difficile. Est-ce qu'on voit des mères qui en arrachent à la télé? Des mères qui trouvent ça difficile, qui n'ont plus de temps pour elles, qui manquent de sommeil, qui ne se sont pas brossé les cheveux depuis deux jours? Non. Tout le contraire. Dans les émissions de télé, lorsqu'il y a un bébé, on dirait qu'il dort tout le temps, les parents passant leur temps à vivre autre chose, à sortir, à avoir une vie amoureuse et à recevoir des amis à souper. J'exagère, mais à peine. Les célébrités aussi, dont j'ai déjà parlé dans quelques articles, donnent une image idyllique de la maternité. Ouvrez n'importe quelle revue à potins pour voir des pages et des pages recouvertes de célébrités souriantes se promenant avec leur bébé. Et des articles à n'en plus finir ou celles-ci affirment être plus heureuses que jamais depuis l'arrivée de bébé, que tout se passe bien, que la maternité est la plus belle aventure de leur vie, le tout accompagné de magnifiques photos de la petite famille. Je n'essaie pas de dire qu'elles ne disent pas la vérité, plutôt que ce n'est pas tout le monde qui vit cela de la même façon.

Je crois que l'une des choses les plus difficiles est d'apprendre à vivre au jour le jour avec un bébé. Avant d'avoir des enfants, on a toujours des plans de faits des semaines en avance, des activités, des sorties, du travail, un calendrier chargé. On a un mode de vie qui n'arrête pas. Lorsqu'un bébé arrive, il faut apprendre à suivre son rythme, à vivre au jour le jour, à avoir tout et rien à faire en même temps. Tout parce qu'un bébé a besoin qu'on s'occupe de lui et il semble que toute la journée est occupée à répondre à ses besoins et à s'occuper de ce qu'il y a à faire dans la maison. Rien parce qu'il semble que rien d'autre ne se fait, que la journée n'a pas été «productive». Vivre avec la solitude est quelque chose de très difficile pour la majorité des femmes. Dans d'autres cultures, les femmes sont épaulées, vivent en groupe, s'entraident pour s'occuper des enfants. Ici, on a beau sortir avec bébé de temps en temps, on se retrouve souvent seule dans une maison vide à s'occuper d'un bébé. C'est très difficile à accepter lorsqu'on a eu une vie bien chargée avant la naissance. Un truc qui me vient en tête pour aider à se préparer à cette réalité serait de commencer à ralentir son rythme de vie dès le début de la grossesse. Pas de s'arrêter complètement, mais juste de commencer à donner une place au bébé, à vivre au fil des jours pour que le changement de rythme de vie à la naissance ne vienne pas comme un trop gros choc.

Je trouve aussi qu'il y a une grande banalisation de la maternité qui pourrait contribuer à cette déception. Des réflexions du genre: «on accouche depuis la nuit des temps, pourquoi j'aurais besoin de me préparer, no big deal, ça va venir tout seul, etc». Ce n'est pas parce que plein de femmes l'on fait avant nous que ça va être facile. Un bébé ça vient sans mode d'emploi et c'est plus difficile pour certaines personnes que pour d'autres de s'adapter. Arrêtons de banaliser la maternité.
 C'est un gros défi de devenir mère. Ça prend du don de soi, de la patience, et beaucoup d'amour. Il faut apprendre à faire passer les besoins de quelqu'un d'autre avant les nôtres, et comme nous vivons dans un monde d'égocentriques, c'est souvent très difficile à accomplir. Et c'est très difficile d'admettre que c'est difficile. Dans notre société de performance, comment s'avouer qu'on en arrache, qu'on trouve ça exigeant? Il ne faut pas avoir peur de demander de l'aide, d'admettre qu'on est au bout du rouleau.

Aujourd'hui, on se prépare très bien du point de vue matériel à l'arrivée de bébé. On dépense des milliers de dollars pour avoir tous les accessoires et la maison prête pour son arrivée. On apprend comment changer une couche, comment donner un bain, comment allaiter. Mais en vérité, on a beau être prêts du point vue matériel, si psychologiquement on ne l'est pas, c'est là que ça va être difficile. D'ou l'importance de faire un travail psychologique et de se poser des questions même avant de concevoir. Posez-vous les questions suivantes: «Suis-je vraiment prête mentalement?» «Que représente la maternité pour moi?», «Est-ce que je suis capable de laisser tomber ma vie active pour m'adapter aux besoins de quelqu'un d'autre?», «Pourquoi est-ce que je veux faire un enfant?», «Qu'est-ce qui me fait peur, et qu'est-ce que je peux faire pour y remédier?».

Devenir mère est une magnifique aventure, mais il faut être prête et savoir à quoi s'attendre pour éviter la déception. Pour ma part, j'ai bien hâte de voir comment ça va se passer lorsque mon tour viendra!

À la prochaine!


source de la photo: http://www.lemauricien.com/article/baby-blues-50-80-des-accouchees-concernees

Aug 17, 2012

Ça s'en vient!!

Bonjour!! Désolé pour ce petit délai pour la publication de mon prochain article, j'ai eu des gros problèmes d'ordinateur ces jours-ci et n'avait plus accès à rien. Il me faut juste prendre le temps de le taper et de l'éditer!

Bonne journée et à la prochaine!
Laurie

Aug 8, 2012

«Si j'avais accouché à la maison je serais morte»

On entend souvent des femmes ayant eu des accouchement très difficiles dire cette phrase:« Si j'avais accouché à la maison je serais morte», ou bien celle-ci: «Si j'avais accouché à la maison mon bébé serait mort». Pourtant, on ne peux pas savoir comment un accouchement qui s'est mal déroulé en milieu hospitalier se serait terminé si il avait eu lieu à domicile. C'est vrai que dans certains cas, un accouchement peut réellement tourner à la catastrophe, et dans ces cas nous sommes reconnaissants d'avoir accès à des soins d'urgence pour éviter le drame.
Mais il y a beaucoup de choses à prendre en considération avant de faire ce genre de déclaration, et, malheureusement, beaucoup de femmes ont peur d'essayer un accouchement à domicile, justement à cause de ces déclarations.

En premier lieu, il est important de savoir que dans le système actuel, une femme qui présente le moindre risque n'aura pas accès aux soins d'une sage-femme et donc ne pourra même pas tenter l'accouchement à domicile. Les femmes qui reçoivent les soins d'une sage-femme et qui se voient offrir l'option d'accoucher à la maison sont considérées «à faible risque», et donc les probabilités que quelque chose tourne mal sont très minces. Ensuite, si jamais la femme ou le bébé montre le moindre signe de détresse, ou que quelque chose pourrait tourner mal durant le travail, les sages-femmes sont formées pour reconnaître ces signes et sauront juger si il est nécessaire de transférer la mère à l'hôpital avant que les choses ne se gâtent. La majorité du temps, s'il y a un transfert, c'est par précaution à cause de tel ou tel signe et non parce que c'est une urgence.

Je suis reconnaissante pour les services d'obstétrique et la possibilité d'accoucher à l'hôpital et d'avoir des soins lorsque l'accouchement ne se passe pas comme prévu. Par contre, le système médical est fait pour s'occuper des problèmes et des urgences, et non pour respecter le processus normal et naturel d'un accouchement se déroulant sans interventions. Trop souvent, une femme ayant un accouchement normal et naturel, se verra imposer des protocoles inutiles dans son cas, qui peuvent entraîner d'autres problèmes, et finalement causer des complications qui n'auraient pas eu lieu sans la première intervention. Je vous donne un exemple assez commun:

Une femme arrive à l'hôpital en travail. Son travail avance bien, et elle est dilatée de quelques centimètres. On se rend compte que ses contraction ralentissent et qu'elle ne dilate pas très vite. On lui donne du pitocin (ou syntocinon) pour accélérer le travail. Le pitocin causant des contractions plus douloureuses, plus rapprochées et plus fortes, la mère demande l'épidurale parce qu'elle a trop mal. Une fois l'épidurale administrée, la mère doit rester au lit et ses contractions ralentissent un peu. On augmente la dose de pitocin. Les contractions reprennent de plus belle, mais la mère ne peut pas les sentir. Le bébé, lui par contre, ressent toutes les contractions qui sont assez violentes à cause du pitocin. Il entre en détresse foetale, césarienne d'urgence. On remercie le personnel médical d'avoir sauvé la vie du bébé alors que c'est les interventions médicales qui ont tout causé.

Autre mise en situation: Une femme arrive à l'hôpital. Son travail ne progresse pas assez vite et on lui donne du pitocin. Elle accouche. Au moment de la sortie de son bébé, on coupe le cordon trop tôt, on ne lui donne pas son bébé tout de suite, on dérange la mère dans les premiers moments suivant la naissance et on ne lui permet pas d'allaiter immédiatement. Tout cela dérange le jeu hormonal de la mère et le placenta ne sort pas tout de suite. Après quelques minutes d'impatience, on décide de sortir le placenta de façon manuelle et la mère fait une hémorragie. On lui fait une transfusion, on lui sauve la vie, et la mère repart chez elle en pensant qu'elle serait morte autrement.

Je ne veux pas dénigrer le vécu de certaines femmes qui ont eu ce genre d'expérience d'accouchement. Elles ont très probablement trouvé l'expérience extrêmement difficile et sont reconnaissantes de s'en être sorties indemnes et d'avoir un bébé en santé. Je suggère plutôt de regarder les faits lorsque une femme raconte son histoire dans la perspective du «je serais morte autrement», et de ne pas se laisser apeurer par leur vécu. Beaucoup de facteurs entrent en jeu lorsqu'on parle d'accouchement qui tourne mal. Posez-vous les questions: A-t-elle été provoquée? L'a-t-on laissée bouger durant le travail? Lui a-t-on administré du pitocin, ou tout autre médicament? A-t-elle eu une péridurale (épidurale), et à quel moment? A-t-on respecté son intimité? Lui a-t-on fait peur? Comment s'est passé l'arrivée du bébé? A-t-elle pu pousser dans la position de son choix? Ont-ils coupé le cordon immédiatement? A-t-elle pu allaiter tout de suite? Ont-t-ils attendu assez longtemps la sortie naturelle du placenta et ont-ils essayé d'autres moyens de stimuler son expulsion avant d'intervenir manuellement?

Beaucoup de facteurs entrent en jeu pour essayer d'expliquer l'apparition de complications pendant un accouchement. Dans certains cas, ceux-ci sont inexplicables, et peuvent arriver lors de n'importe quel accouchement, peu importe où il a lieu. D'autres, comme je l'ai illustré dans le paragraphe précédent, sont causés par trop d'interventions inutiles qui en entraînent d'autres.

L'un des arguments souvent utilisés en faveur des accouchements en milieu hospitalier et que dans l'ancien temps, lorsque les femmes accouchaient toutes à la maison avec des sages-femmes, il y avait énormément de morts maternelles et néonatales. C'est vrai que l'arrivée des naissances dans le milieu hospitalier a contribué à la baisse du taux de mortalité des mères et des bébés. Mais il faut prendre en compte que dans la majorité des cas, à l'époque, les femmes accouchaient avec des sages-femmes à moitié formées, parfois même c'était la voisine qui venait aider, faute de sage-femme dans le coin. Les qualifications pour pratiquer ce métier étaient quasi-inexistantes et n'importe qui pouvait s'improviser sage-femme. Il faut aussi prendre en compte que beaucoup de gens vivaient en milieu rural, dans le fond d'un rang, où il n'y avait aucune aide médicale possible en cas de complication. Après l'implantation de nouvelles mesures d'hygiène et de qualifications pour assister des accouchements, il est logique de constater la forte baisse du taux de mortalité maternel et néonatal. De nos jours, les sages-femmes sont bien formées et ont en leur possession des outils pour réanimer, des médicaments, des instruments stériles,  et doivent suivre une formation universitaire stricte pour pouvoir pratiquer.

De plus, même si les morts maternelles et néonatales ont baissé depuis le début du XXème siècle, l'hyper-interventionnisme médical a fait dramatiquement remonter le nombre d'accouchement se terminant en drame depuis les années 80. En effet, depuis 1982 le taux de mortalité a doublé aux États-Unis (7.5 morts maternelles/100 000 naissances vivantes en 1982 VS 17 morts maternelles /100 000 naissances vivantes en 2008) . Et on ne peut plus blâmer les naissances à domicile, car celles-ci ne représentent que 0.72% (aux États-Unis, en 2009) de la totalité des naissances. En Colombie Britannique (Canada) les accouchements avec sage-femme représentent 6% des naissances, et au Québec, c'est moins de 2% pour les accouchements à domicile.

Un autre facteur est à prendre en compte. La façon d'aborder la naissance lors d'un accouchement à domicile est très différente du modèle hospitalier. Les hôpitaux fonctionnent par prévention, action,  pourcentage de risque et traitent souvent l'acte d'accoucher comme une condition médicale qu'il faut régler ou guérir. La mère en travail est une patiente et chaque petit détail de sa grossesse et de son travail est analysé comme facteur de risque et, souvent, on va procéder à des interventions par précaution, au cas ou. Lors d'un accouchement à domicile ou en centre de naissance, la philosophie se résumerait plutôt par : on ne répare pas ce qui n'est pas brisé. Il est inutile d'essayer de régler ou de réparer quelque chose qui n'est pas encore arrivé. Les complications lors d'un accouchement sont toujours accompagnées de signes avant-coureurs, et les sages-femmes sont à l'affût de ces signes. Lors d'un accouchement à domicile on surveille, on écoute, on accompagne. À l'hôpital, on anticipe, on agit.

Une autre chose à retenir pour s'assurer d'avoir les meilleurs chances de votre côté pour votre accouchement n'a pas à voir avec l'endroit ou vous désirez accoucher, mais avec la préparation à l'accouchement. Une bonne préparation peut faire toute la différence dans l'issue de l'accouchement, peu importe l'endroit. Il n'est pas nécessairement question ici de visites prénatales ou d'examens, mais plutôt de préparation psychologique. L'importance de cerner ses peurs et de les régler, d'être en confiance avec l'intensité de l'accouchement à venir et comprendre le processus. S'informer sur les protocoles en cours où vous désirez accoucher et s'informer sur les différentes interventions qui vous seront proposées, ainsi que sur leurs risques. Faire ensuite un plan de naissance pour exprimer clairement vos désirs à l'équipe médicale qui sera présente à l'accouchement. Toute cette préparation peut faire toute la différence. Et, bien sûr, avoir recours à une accompagnante à la naissance pour vous aider, vous guider et vous éclairer dans tout cela rend la vie plus facile!

Pour conclure, il est vrai que parfois, les accouchements peuvent tourner très mal, et que seul une aide médicale peut régler la situation. Mais dans la grande majorité des cas, il y a beaucoup de choses à prendre en considération avant de tirer des conclusions du genre «Si j'étais à la maison je serais morte».

Je vous laisse sur quelques articles et statistiques qui portent à réflexion:
Article de Ina May Gaskin sur le taux de mortalité maternelle alarmant aux É-U
Statistiques de «The Farm», le centre de naissances où Ina May Gaskin pratique
Statistiques de naissances et de césariennes aux É-U
Rapport de Amnistie Internationale sur la situation des États-Unis par rapport au taux de mortalité maternelle alarmant
Étude comparant les résultats de naissances à domicile planifiées versus des accouchements à l'hôpital
Un travail de recherche fait par une étudiante en pratique Sage-femme de Strasbourg intitulé: Accouchement à domicile, risque ou modèle?
Statistiques pour les accouchements à la maison aux É-U, 1990-2009


Sources:
http://erinmidwife.com/2011/03/31/if-i-were-at-home-i-would-have-died/
http://forum.doctissimo.fr/grossesse-bebe/mamans-quebec/accouche-maison-morte-sujet_116464_1.htm
http://www.guardian.co.uk/world/2010/mar/12/amnesty-us-maternal-mortality-rates
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/sante/2009/09/01/001-accouchement-maison-risques.shtml
http://www.cbc.ca/news/health/story/2009/08/31/midwife-home-births.html
http://medias.etreenceinte.com/site-bebe/2611/illustration/AAD.jpg
GASKIN, Ina May, Spiritual Midwifery, Book Publishing co., 2002, 480 pages. 

Aug 1, 2012

Comment les mots que nous utilisons influençent notre perception de l'accouchement

Bonjour! Aujourd'hui, mon article traite de vocabulaire. J'ai récemment lu quelques livres qui traitent en partie de ce sujet, et je trouvait ça intéressant de le partager.

Les mots que nous utilisons pour désigner les choses ou les événements, ont un effet sur la façon dont nous les percevons. Si je dis: «Ma voiture est en réparation», l'image est différente que si je dis «Mon bazout est au garage». L'effet est le même lorsqu'il est question de naissance.

Beaucoup de mots que nous utilisons couramment pour parler d'accouchement incitent à une vision négative de l'événement. En discutant d'accompagnement avec une amie, celle ci me dit: « mais quand la femme est en souffrance...». Ne trouvez-vous pas qu'en entendant le terme souffrance, on s'imagine une femme complètement à bout, hurlant de douleur comme si accoucher était la pire chose qui puisse lui arriver? Ça fait peur.

C'est vrai qu'accoucher est intense,  il y a des sensations désagréables, un certain niveau de douleur impliqué, et ça demande beaucoup de travail. Ça peut être difficilefatiguantexigeantépuisant. Mais ça peut aussi être plaisant, beau, sensuel, doux, excitant, et même orgasmique.

Dans ses livres, Ina May Gaskin n'utilise jamais le mot contractions. Elle trouve que ce mot à une connotation négative. Elle utilise à la place le mot rush, en anglais, qui peut se traduire en français par précipitationélanaccélération, et, apparemment, le mot rush est aussi accepté en français. Personnellement, j'aime beaucoup le mot précipitation pour remplacer contraction. Ça me fait penser à la pluie, à la mer, à des rapides, à l'élément aquatique qui occupe déjà une si grande place pendant la grossesse et lors de l'accouchement. Précipitation évoque l'énergie qui circule, qui se bouscule, pour faire naître un humain. Des mots comme vagues, et ondes illustrent aussi bien ce mouvement utérin. Contraction, à mon goût, est stagnant, et évoque la douleur, la crispation...

De plus, en anglais, le mot delivery (délivrance) est un des mots les plus utilisés pour désigner la naissance... Lorsqu'on va à l'hopital dans un pays anglophone, on ne va pas en unité des naissances, ou en maternité, on va en Labor and Delivery, littéralement, travail et délivrance. Un bébé n'est pas délivré de sa mère, et la mère n'est pas délivrée de son enfant. Un bébé naît, la mère accouche. Le mot délivrance me fait toujours penser à cette prière catholique qui se termine par «délivrez-nous du mal». Comme si être enceinte et accoucher était un mal dont il faut se délivrer et non une des plus belles expériences de la vie d'une femme...
Le mot delivery peut aussi se traduire par livraison. Comme si un bébé était un produit à livrer. L'image qui me vient aussi en tête est celui d'un bébé qu'on livre à sa mère, plusieurs heures après sa naissance, tout emmailloté et nourri, comme on faisait dans les hôpitaux il n'y a pas si longtemps...

Il y a d'autres mots avec lesquels j'ai de la difficulté. Foetus en est un: c'est comme si on rabaissait le bébé à l'état de chose, d'organe. C'est comme si avant de naître il n'était pas un être vivant mais juste un amas de chair dans le ventre de sa mère. Je préfère le terme bébé à naître. Je déteste en particulier le mot patiente pour désigner une femme qui accouche. Une femme qui donne naissance n'est pas une malade à traiter, accoucher n'est pas une urgence médicale (dans la majorité des cas). De plus, une femme accouche assistée d'un médecin ou d'une sage-femme. Ce n'est pas le médecin ou la sage-femme qui accouche la future mère. 

Certaines formulations autrement inoffensives peuvent aussi devenir négatives ou même faire peur pendant un accouchement. Dans cet article, une doula de Vancouver illustre que d'utiliser des négations lorsqu'on parle à une femme en travail peut nuire, même si nos intentions sont bonnes. Utiliser des phrases comme «N'aie pas peur, tu n'est pas en danger» peut venir titiller une femme en travail et elle n'entendra peut-être que les mots peur et danger, et pourrait commencer à se questionner. On pourrait remplacer la phrase précédente par: «Tu fais du bon travail, tout va bien, bravo».

L'idée ici n'est pas nécessairement de pointer des mots du doigt et de les éradiquer du langage autour de l'accouchement, mais de voir ce que les mots évoquent chez nous, et de choisir ceux avec lesquels nous sommes à l'aise. Certaines personnes aiment le mot contraction, parce que ça leur rappelle que l'utérus fait son travail, que c'est un puissant exercice qui permet à leur enfant de sortir.

En terminant, tout ce remous de mots a titillé ma fibre poétique. J'ai donc décidé d'écrire un petit poème. Et de grâce, soyez indulgents, la dernière fois que j'ai composé un poème j'avais douze ans...


Alors qu'elle entamait sa nuit,
Une sensation nouvelle au ventre est ressentie

Le jour tant attendu 
Est-t-il enfin venu?

S'efforçant de les ignorer elle va se recoucher
Mais les vagues sont de plus en plus rapprochées

Elle chante, marche, et se balance,
L'on croirait qu'elle est en transe

Cet enfant ardemment désiré
Se révélera sans tarder au monde entier

Les précipitations se font plus intenses
Bientôt arrivera le terme de cette danse

Mais pour permettre à son bébé d'arriver
Elle devra apprendre à se laisser aller

À chaque onde, profondément elle inspire
Et sent le passage doucement s'ouvrir

Soudain une nouvelle intensité
Proclame le moment de pousser

Un dernier élan, une dernière pression
Et paraît enfin son nourrisson

Jamais elle n'oubliera le moment
Où pour la première fois elle posa les yeux sur son enfant

Par un beau matin d'été
Un nouveau-né nous a gratifiés de son arrivée

On ris, on chante, on pleure, on crie
C'est le miracle de la vie!

Voilà pour aujourd'hui! J'espère que vous avez apprécié mon petit spécial vocabulaire ainsi que mon poème!

À la prochaine!

Sources
CASSIDY, Tina, BIRTH- The surprising history of how we are born, Grove Press, New York, 2006, 312 pages. 
GASKIN, Ina May, Spiritual Midwifery, Book Publishing co., 2002, 480 pages.